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title: "Rapport Robin Rivaton RE2020"
date: 2026-06-26
subtitle: "Le rapport propose de ne plus pénaliser la climatisation dans les bâtiments neufs afin de mieux faire face aux canicules."
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## TLNR;

Le rapport estime que la RE2020 décourage fortement l'installation de climatisations et de pompes à chaleur réversibles, même très performantes. Il juge que les règles actuelles surestiment leur impact environnemental, reposent sur des hypothèses climatiques devenues obsolètes et ne répondent plus à l'intensification des canicules. Il recommande donc d'assouplir la réglementation afin de permettre le recours au refroidissement lorsque celui-ci est pertinent, tout en maintenant les exigences de performance énergétique.

### 1. Le rapport estime que la RE2020 décourage la climatisation

C'est l'une des affirmations les plus fortes du document :

> « Il est temps de briser un tabou : la RE2020 a été construite pour limiter la production de froid, familièrement appelée la climatisation. » 

Selon l'auteur :

* la RE2020 rend l'installation d'une climatisation dans les logements neufs « pratiquement irréalisable » ;
* cette limitation ne serait pas principalement motivée par les émissions de CO₂ mais par la manière dont les indicateurs réglementaires ont été conçus. 

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### 2. Le Bbio pénalise directement les bâtiments climatisés

Le rapport explique le mécanisme :

* dès qu'un système de refroidissement est déclaré, la ventilation naturelle nocturne est neutralisée dans le calcul réglementaire ;
* le besoin de froid (Bc) augmente automatiquement ;
* pour rester conforme, il faut compenser par :

  * davantage d'isolation,
  * plus d'inertie,
  * une meilleure compacité,
  * davantage de protections solaires,
  * une meilleure étanchéité à l'air.

L'auteur conclut que ces exigences rendent économiquement peu réaliste l'installation d'une climatisation dans le neuf. 

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### 3. L'efficacité d'une PAC n'est quasiment pas prise en compte

Le rapport critique également le calcul du Bbio :

> « Quel que soit l’efficacité de la PAC air-air installée, tant qu’elle reste un système actif elle fait monter le Bc. Améliorer le rendement de l’appareil ne change pas le Bbio. » 

Autrement dit :

* une climatisation très performante est presque pénalisée comme une moins performante ;
* le calcul porte sur le besoin de refroidissement, pas sur l'efficacité réelle de l'équipement.

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### 4. Le rapport estime que le coût carbone de la climatisation est surestimé

Robin Rivaton avance plusieurs arguments :

* le coefficient d'énergie primaire appliqué à l'électricité pénalise artificiellement le refroidissement ;
* le facteur carbone de l'électricité utilisé par la RE2020 (64 gCO₂/kWh) est jugé beaucoup trop élevé par rapport à la production réelle française récente.

Il rappelle notamment :

* intensité carbone moyenne de l'électricité française en 2024 : **21,3 gCO₂/kWh** ;
* environ **15 gCO₂/kWh** durant l'été 2024. 

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### 5. Les pompes à chaleur réversibles sont découragées

Le rapport considère que c'est une incohérence importante.

Il indique que :

* la très grande majorité des PAC installées dans les maisons sont en réalité réversibles ;
* pourtant beaucoup sont déclarées "non réversibles" pour éviter les pénalités réglementaires ;
* dans le collectif, la fonction rafraîchissement est souvent volontairement désactivée.

Citation :

> « C’est une faute majeure de ne pas tirer partie des bénéfices de la substitution des chaudières à énergie fossile par les PAC. » 

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### 6. Les logements neufs souffrent davantage des canicules

Le rapport estime que :

* les logements sont plus difficiles à rafraîchir après plusieurs jours de canicule ;
* la ventilation nocturne devient insuffisante ;
* les habitants expriment un fort mécontentement.

Il cite notamment :

* des occupants qui achètent ensuite des climatiseurs mobiles, plus bruyants, moins efficaces et plus énergivores ;
* **3 700 décès supplémentaires durant l'été 2024**, dont environ les trois quarts chez les personnes âgées, pour illustrer l'enjeu sanitaire des vagues de chaleur. 

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### 7. Le confort d'été actuel est jugé insuffisant

Le rapport critique le calcul réglementaire du confort d'été :

* météo basée principalement sur 2000-2018 ;
* une seule canicule type (2003) ;
* télétravail insuffisamment pris en compte ;
* ouverture nocturne des fenêtres supposée toujours possible ;
* îlots de chaleur urbains insuffisamment considérés.

Selon l'auteur, ces hypothèses ne correspondent plus au climat actuel. 

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### 8. Les modulations géographiques sont jugées insuffisantes

Le rapport estime que :

* les villes de l'intérieur sont désormais fortement exposées aux canicules ;
* dès qu'on ajoute du refroidissement actif, les seuils Bbio et CEP-nr sont rapidement dépassés.

Il considère donc que les modulations actuelles sont trop limitées. 

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### 9. La climatisation adiabatique est présentée comme une solution intéressante

Le rapport décrit favorablement la climatisation adiabatique :

* refroidissement par évaporation d'eau ;
* pas de compresseur ;
* très faible consommation électrique ;
* réduction importante des degrés-heures ;
* impact très faible sur les indicateurs CEP/CEP-nr.

Il précise toutefois qu'elle est surtout efficace dans les climats secs et moins performante dans les climats atlantiques ou continentaux humides. 

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### 10. Les toitures et façades végétalisées sont également évoquées

Le rapport souligne qu'elles :

* augmentent l'inertie thermique ;
* améliorent le déphasage ;
* réduisent les besoins de refroidissement ;
* diminuent les degrés-heures (DH). 

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## Recommandation principale du rapport

Parmi les **23 propositions**, le rapport recommande explicitement de :

* **libérer le recours au refroidissement** ;
* revoir les règles de confort d'été ;
* adapter la RE2020 afin de permettre l'installation de climatisations ou de PAC réversibles lorsque cela est pertinent ;
* mieux concilier adaptation aux canicules et décarbonation. ([portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr][1])

En résumé, Robin Rivaton ne recommande pas une généralisation de la climatisation, mais estime que la RE2020 **pénalise aujourd'hui de manière excessive les systèmes de refroidissement**, alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses.

[1]: https://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/pub/MPDOUV00266453-rapport-evaluation-reglementation-environnementale.html "Rapport de l'évaluation de la règlementation ..."
